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Un plaidoyer urgent pour faire avancer l’agenda de la jeune fille à Beni
En marge de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée ce 25 novembre 2025, dans le lancement de 16 jours d’activisme, l’Asbl Badilika Droits Humains a présenté, lors d’une rencontre organisée à l’hôtel Référence Plus à Beni, un plaidoyer fort destiné aux autorités provinciales et urbaines, aux services techniques, aux partenaires humanitaires ainsi qu’à l’UNICEF. L’objectif : attirer l’attention sur la situation critique des jeunes filles dans une province secouée par des conflits armés et une crise humanitaire persistante.
Dans son allocution, l’organisation a d’abord salué « l’attention constante » des autorités à tous les niveaux, ainsi que l’engagement des acteurs humanitaires et défenseurs des droits humains. Mais elle rappelle que, malgré ces efforts, la jeune fille demeure parmi les premières victimes de l’instabilité qui frappe le Nord-Kivu.
Une crise humanitaire qui aggrave la vulnérabilité des adolescentes
Selon Badilika Droits Humains, la persistance du conflit armé dans la région continue de provoquer des déplacements massifs, la destruction des familles et l’effondrement des services essentiels. Un contexte qui place les adolescentes « dans une vulnérabilité extrême ».
Perte d’accès à l’éducation, risques accrus d’exploitation, violences basées sur le genre, mariages précoces, manque de soins adaptés et isolement social : dans les zones rurales comme dans les sites de déplacés, l’avenir des jeunes filles apparaît fortement compromis.
Un cadre légal solide, mais insuffisamment appliqué
Le plaidoyer rappelle pourtant que la République démocratique du Congo dispose de lois robustes : la Loi portant Protection de l’Enfant, les textes réprimant les violences sexuelles, ainsi que divers engagements internationaux. Mais leur mise en œuvre demeure « très limitée sur le terrain ».
Les jeunes filles affectées par la crise peinent à accéder à la justice, aux soins ou à un accompagnement social adéquat, faute de moyens, de sécurité ou de mécanismes adaptés.
Les priorités exprimées par les communautés
Dans toutes les zones d’intervention de l’organisation, les besoins identifiés sont similaires :
• un environnement sécurisé face aux groupes armés et aux risques d’exploitation ;
• un retour effectif à l’école ;
• des soins médicaux et un soutien psychosocial accessibles, même en zone isolée ;
• un accompagnement juridique pour les survivantes de violences ;
• des programmes économiques afin de réduire la pauvreté qui expose les familles à des stratégies de survie dangereuses.
Des demandes claires adressées aux autorités et partenaires
Pour l’Asbl Badilika Droits Humains, la protection des jeunes filles ne peut reposer uniquement sur les ONG. Elle exige des engagements politiques concrets.
1. Renforcer l’application des lois existantes
L’organisation appelle à une prise en charge professionnelle des survivantes, ainsi qu’à des enquêtes et poursuites efficaces pour lutter contre l’impunité, notamment par un soutien accru aux juridictions locales.
2. Sécuriser les zones à haut risque
Elle demande la restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les M23, l’éradication du phénomène ADF dans la région de Beni, et une présence sécuritaire formée à la protection de l’enfance dans les sites de déplacés.
3. Soutenir l’éducation des filles
Le plaidoyer insiste sur la nécessité de remettre l’école « au centre de la réponse » : classes temporaires, gratuité réelle, distribution de matériel scolaire, et priorité aux adolescentes déplacées ou déscolarisées.
4. Financer la protection sociale
Badilika propose l’allocation d’un budget national spécifique à la protection de l’enfant en zones de conflit, ainsi que le renforcement des structures locales de santé, de prise en charge psychosociale et communautaire.
5. Collaborer avec la société civile
Les organisations locales, proches des familles et des réalités du terrain, doivent selon elle être pleinement intégrées aux mécanismes de décision et de planification.
« Protéger les jeunes filles, c’est investir dans l’avenir »
En conclusion, l’organisation rappelle que la protection des jeunes filles constitue à la fois une obligation morale, légale et un impératif pour le développement du pays. « Une jeune fille protégée, soignée, éduquée et respectée devient une femme capable de contribuer à la paix et à la stabilité de la nation », souligne-t-elle.
Badilika Droits Humains appelle donc les autorités et tous les partenaires à agir « avec urgence, fermeté et humanité », pour que chaque jeune fille du Nord-Kivu puisse vivre en sécurité et préserver l’espoir d’un avenir meilleur.

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