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Il y a des mots qui dérangent. GENOCOST en fait partie.
Contraction de Génocide et Cost, coût, ce mot ddit ce que le monde a refusé de nommer pendant trois décennies : l'extermination planifiée du peuple congolais pour le contrôle de ses richesses.
Ce n'est pas une guerre ethnique. Ce n'est pas des conflits intercommunautaires. C'est un système. Un système où la vie d'un Congolais vaut moins qu'un kilo de coltan, qu'un gramme d'or, qu'un sac de cobalt.
Le 2 août 1998 marque le début de ce qui sera la guerre la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale. De Makobola à Kasika, de Mwenga à Kibezi, de Beni à Kishishe, de Bukavu à Goma, la même méthode : massacrer, piller, faire taire.
Aujourd'hui, Badilika refuse le silence.
Pourquoi le 2 Août doit devenir sacré ?
Parce que nos morts n'ont pas eu de deuil national.
Parce qu'on a compté nos morts comme on compte des statistiques, jamais comme des humains.
Parce que l'histoire du Congo s'écrit sans les Congolais.
Commémorer le GENOCOST, ce n'est pas regarder en arrière. C'est comprendre pourquoi nous souffrons encore aujourd'hui. Les massacres d'hier sont les racines de l'insécurité d'aujourd'hui à Masisi, à Rutshuru, en Ituri.
Se souvenir, c'est résister.
Notre plaidoyer : 3 exigences non négociables
En cette journée de commémoration, la voix des victimes en RDC, à travers Badilika, porte trois revendications fortes :
1. La Reconnaissance Officielle et Internationale.
Nous exigeons que le génocide congolais soit reconnu comme tel par la République Démocratique du Congo, par l'Union Africaine et par les Nations Unies. Nous exigeons que le rapport Mapping de l'ONU, qui documente 617 crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Congo entre 1993 et 2003, ne reste plus dans les tiroirs. Appelez nos morts par leur vrai nom : victimes de génocide.
2. La Justice, pas la pitié.
Il n'y aura pas de paix durable sans justice. Pas de réconciliation sans vérité. Nous demandons la création d'un Tribunal Pénal International pour la RDC et de chambres spécialisées mixtes. Les exécutants, les planificateurs, les soutiens financiers et les multinationales prédatrices doivent répondre. La justice n'est pas une vengeance, c'est une garantie de non-répétition.
3. La Mémoire comme Politique d'État.
Nous demandons que le GENOCOST soit enseigné dans toutes les écoles de la République. Que des mémoriaux soient érigés à Goma, à Kinshasa, dans chaque lieu de massacre. Que le 2 août soit déclaré jour férié national, jour de deuil et de mémoire. Un peuple qui oublie ses morts est condamné à les revivre.
À toi qui lis ceci en RDC et en diaspora
Toi qui as fui, toi qui as perdu un frère, une mère, un enfant. Ta douleur n'est pas une faiblesse. C'est notre force collective.
Ils ont cru qu'en nous tuant en silence, ils effaceraient notre existence. Ils se sont trompés. Chaque nom que nous prononçons aujourd'hui est un acte de résistance. Chaque bougie allumée est une victoire sur l'oubli.
Aujourd'hui, ne baisse pas la tête. Lève-la.
Pour nos millions de morts, nous devons vivre debout.
Pour nos victimes, nous devons parler fort.
Pour le Congo de demain, nous devons exiger justice aujourd'hui.
Le sang congolais a coulé. La mémoire congolaise ne coulera jamais.
#Genocost #PlusJamaisSeuls #JusticePourLaRDC

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