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RDC - Beni: Filimbi et Badilika dénoncent des pratiques illégales au centre temporaire de capture des passeports biométriques à Beni
Les organisations Badilika Droits Humains et le mouvement citoyen Filimbi tirent la sonnette d’alarme face à des pratiques qualifiées « d’illégales et d’indignes » au Centre temporaire de capture des passeports biométriques de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.
Après nos investigations auprès des demandeurs de passeports, des irrégularités graves y sont commises, impliquant notamment des agents de services de renseignement et les techniciens affectés à la capture biométrique.
Des extorsions systématiques dénoncées
Dans une lettre adressée le 25 novembre 2025 à la ministre des Affaires étrangères, nos organisations décrivent en détail un système d’extorsion imposé aux citoyens.
Alors que le prix officiel du passeport est fixé à 75 USD, à verser directement en banque, Badilika et Filimbi affirment que :
• Des agents se réclamant de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) exigent 30 USD supplémentaires lors du dépôt de la preuve de paiement bancaire.
• Le personnel chargé de la capture biométrique imposent quant à lui 20 USD additionnels à chaque requérant.
Ces sommes seront perçues sans aucun fondement légal, sans reçu, et en violation manifeste du cadre réglementaire en vigueur.
Badilika et Filimbi, il s’agit « d’un système d’extorsion organisé, qui implique plusieurs niveaux de responsabilité au sein des services concernés ».
Des citoyens intimidés et discriminés
Filimbi et Badilika rapportont également que les demandeurs qui refusent de céder à ces paiements illégaux subiraient des formes de mépris et des retards délibérés. Certains citoyens sont contraints d’attendre entre deux et quatre semaines, tandis que ceux qui acceptent de payer les frais exigés seraient pris en charge immédiatement.
Appel urgent à une action gouvernementale
Face à ces dérives, nous demandont au ministère des Affaires étrangères et aux autorités compétentes de :
• Ouvrir des enquêtes approfondies afin d’identifier et démanteler ce réseau de corruption ;
• Sanctionner sévèrement tous les agents impliqués ;
• Rétablir un fonctionnement transparent et légal du processus de délivrance des passeports à Beni.
Badilika et Filimbi exhortent également les autorités centrales à intervenir sans délai, craigont que la persistance de ces abus ne provoque un climat de frustration et de tensions parmi les demandeurs de passeports.


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