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BADILIKA EXIGE DES POURSUITES JUDICIAIRES CONTRE LE GENERAL SYVAIN EKENGE PORTE-PAROLE DES FARDC SUITE À DES PROPOS À CARACTÈRE DISCRIMINATOIRE .
BADILIKA, organisation congolaise de défense et de promotion des droits humains, exprime sa profonde indignation à la suite de propos publics attribués au porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le Général Sylvain Ekenge, tenus lors d’une intervention diffusée sur la RTNC le 27 décembre 2025.
Au cours de cette intervention, l’intéressé a déclaré :
« Lorsque vous épousez une femme tutsi, il faut faire très attention… »
BADILIKA considère que cette déclaration cible explicitement un groupe ethnique identifiable et véhicule une suspicion généralisée fondée sur l’origine ethnique, en l’occurrence les Tutsi. Une telle généralisation constitue une atteinte grave aux principes constitutionnels d’égalité et de non-discrimination, garantis par les articles 6 et 30 de la Constitution de la RDC.
BADILIKA rappelle que l’incitation à la haine ou à la discrimination entre communautés constitue une infraction pénale en droit congolais, indépendamment du rang ou de la fonction de l’auteur. Le caractère public des propos, la qualité de haut responsable militaire de leur auteur et le contexte de tensions sécuritaires constituent des circonstances aggravantes, engageant sa responsabilité pénale personnelle.
La RDC est État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 20, alinéa 2) ainsi qu’à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui interdisent tout appel à la haine ethnique.
BADILIKA souligne que les propos d’un porte-parole de l’armée relèvent d’une parole institutionnelle, et non d’une opinion privée. L’armée nationale a l’obligation constitutionnelle de protéger tous les citoyens sans distinction.
BADILIKA exige :
1. l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante ;
2. la révocation du Général Sylvain Ekenge des FARDC ;
3. l’engagement de poursuites judiciaires, pouvant conduire à des arrestations, conformément à la loi.
BADILIKA rappelle que nul n’est au-dessus de la loi et que les discours discriminatoires constituent une menace grave pour la paix et l’État de droit en RDC.


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